Walt Disney, Jiminy Cricket et les Ritchie boys

curiosité

Au premier abord, rien ne laisse augurer du lien entre ces trois entités. Pourtant ils font tous partie d’une chaîne dont le maillon initial date de …1066 !

En cette année précisément, deux normands accompagnent le duc Guillaume pour la conquête de l’Angleterre, deux soldats, Hugues Suhard et son fils Robert. Natifs du village d’Isigny-sur- mer dans le Calvados, ils se font vite appelés Hugues et Robert d’Isigny. Comme chacun sait, Guillaume devient le Conquérant et se fait sacrer roi d’Angleterre le 25 décembre 1066. Après cette victoire, les Isigny, père et fils décident de rester en Angleterre et s’y installent durablement. Au fil des années, le nom Isigny s’anglicise. Au XIIème siècle, les archives révèlent un William de Ysini à qui appartenait le fief de Norton, au centre de l ‘Angleterre. Puis dans une charte de 1331, on trouve un Norton d’Is’ny. Il est probable que de ce Norton là descendent tout d’abord les Norton Disney puis les Disney tout court. Normandie, Angleterre, Irlande aussi enfin Amérique. C’est d’Irlande qu’embarque dans les années 1830 Elias Disney, l’arrière grand père de Walt Disney pour le Nouveau Monde. Walter Elias Disney, créateur de Mickey, Donald et Pinocchio a donc des ancêtres normands.

Qui dit Pinocchio dit Jiminy Cricket. Nous sommes en 1940, date à laquelle sort le long- métrage d’animation Pinocchio. Toute une équipe travaille qui aux dessins, qui aux maquettes, qui à l’animation ou la musique. Un certain dessinateur, Tony Ströble, participe à l’aventure. Nous le retrouverons plus tard, en 1944 au….château de Colombières. Il est à l’initiative de la caricature d’un cricket sur le panonceau de la 2 Mobile Radio Broadcasting  Compagny créée par le Ritchie boys,Hans Habe. Tony Ströble, issu des studios Disney a récupéré ce héros de dessin animé, responsable, sage mais néanmoins comique. Il lui a affublé pour la circonstance, des patins à roulettes pour aller vite, un micro,du papier, une machine à écrire, l’a coiffé d’une antenne, références aux missions d’informations et de contre propagande des Ritchie boys, au travers des tracts, des journaux et de la radio diffusion à partir de juin 1944.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les studios Disney avec plus de 90 % des employés ont participé à la propagande du gouvernement américain. Les courts-métrages satiriques critiquent et caricaturent le régime nazi et plus particulièrement Hitler. Dans « the Fuhrer’s face », Donald Duck dénonce par la dérision le cauchemar de travailler dans une usine d’artillerie nazie. Walt Disney au travers de ses personnages encourage également l’achat d’obligation de la victoire (Buy Victory Bond). Enfin, ses courts métrages servent à la formation de soldats et de techniciens au combat, tel le « Four Methods of Flush Rivetting » montrant les méthodes de rivetages des avions.

D’autres réalisateurs américains ont eu la même ambition que Walt Disney pour glorifier l’engagement de l‘Amérique en 1942 et combattre le nazisme. Tex Avery par exemple avec son célèbre « Blitz Wolf ». Dans son avant-propos, le réalisateur prévient  » le loup de ce dessin n’est pas fictif. Toute ressemblance entre ce loup et cet abruti d’Hitler est purement intentionnelle. »

En se rendant au château de Colombières, non loin de Trévière, on peut retrouver cette histoire. Elle est illustrée par des documents originaux, par des séquences de films, par des objets retrouvés sur place et surtout par le récit d’un passionné. A découvrir pour les amoureux de rareté et d’authenticité.

                                                                                     BBC

Dessin de propagande par les studio Disney entre 1942 et 1945

Dessin de propagande par les studio Disney entre 1942 et 1945

La caricature de Jiminy Cricket pour le panonceau de la MRBCo

La caricature de Jiminy Cricket pour le panonceau de la MRBCo

Une réflexion sur “Walt Disney, Jiminy Cricket et les Ritchie boys

  1. Cette suite du premier article dénommé « Curiosité » est également P-A-S-S-I-O-N-N-A-N-T-E ! Ou quand la « grande » histoire rejoint la « petite » histoire… Merci à vous, BBC, de nous raconter cela – et de fort belle façon ! De nous conter, devrais-je dire; car oui, cela se lit comme un conte; un conte que l’on pourrait lire à des enfants et qui passionnent autant les adultes (dont je suis.) Merci pour toutes ces précisions; je ne m’attendais vraiment pas à autant de détails historiques et… cinématographiques ! Pourquoi ne nous apprends-t-on pas l’histoire de cette façon à l’école ? Je suis sûre et certaine que bon nombre d’élèves en resteraient bouche bée et seraient plus attentifs – voire assidus – aux cours d’histoire. Encore un grand merci d’avoir comblé mes lacunes (et celles de bon nombre de vos lecteurs); je vais me coucher moins bête que je ne me suis levée ce matin… Et un grand bravo pour cet article (celui-ci et tous les autres), toujours plus captivants, attrayants, intéressants, attachants, ensorcelants, émouvants, envoûtants, attirants, fascinants, séduisant, prenants et attractifs les uns que les autres. Que de travail de recherches pour en arriver à un tel résultat ! Et quel talent de conteur (conteuse ?) Chapeau bas, « l’artiste » !
    Edith

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