L’Europe de mauvais poil !

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Depuis dimanche soir, ce ne sont qu’analyses, commentaires sur un scrutin somme toute assez attendu. Il l’était en France au lendemain des municipales.

Les élus « europhobes » font leur entrée au Parlement Européen. Environ 150, droites et gauches confondues sur 751 eurodéputés. Une hausse évidente mais dont les conséquences sont à regarder à la loupe.

Une élection à la proportionnelle comme celle de dimanche, favorise les « petites formations ». De plus, le message issu des urnes n’a rien à voir avec les enjeux européens débattus durant la campagne. Sur les 28 pays de l’Europe, 9 ont désavoué leur gouvernement. Mais si en France, 25% des électeurs ont apporté leur soutien au FN de Marine Le Pen, anti- européenne notoire, 75% sont fidèles au maintien de l’Union Européenne, quitte à la faire changer. Et dans le même temps, 73% refusent la sortie de l’euro et 66% celle de l’Union.

D’aucuns expliquent que ces élections dites de « second rang » permettent en général de se défouler, de protester. Et ce dans tous les pays. La presse européenne s’en fait largement écho.

Pour le Bild, journal populaire allemand, « les haïsseurs de l’Europe sont en marche ! ». En Espagne, El Mundo s’interroge sur la colère de la France, l’un des pays promoteurs de l’Union, l’une de ces valeurs sûres de l’Europe. La Grande-Bretagne a une attitude plus paradoxale, relayée par le Daily Mail. Le journal se félicite de la victoire sans précédent de Nigel Farage du parti europhobe (UK Independence Party) mais constate que pour la France, l’heure est grave !

Crise existentielle de l’Europe avec déjà plusieurs démissions de dirigeants socialistes, en Espagne et en Irlande; désarroi partout mais avec ce sentiment que les pro-européens ne doivent pas laisser les extrémistes détruire l’Union Européenne. Car c’est bien de ça qu’il s’agit. A écouter Marine Le Pen et les nouveaux députés du FN, ils ne siégeront à Strasbourg que pour « casser et ne rien faire ».

Certes le FN fait la course en tête lors de ces élections. Son électorat est conjoncturel : crise, chômage, pouvoir d’achat en baisse, manque de confiance dans la partis de gouvernement qui ont créé eux mêmes les raisons de leur désaffection. Et si la croissance revenait, si le chômage diminuait, si la situation politique s’améliorait, pourrait-on constater une validation de ce vote sanction pour les uns, d’adhésion pour les autres, en 2017 par exemple ?

A Strasbourg, il va falloir que Marine Le Pen s’allie avec d’autres « europhobes » pour former un groupe reconnu. Mais est-ce possible de mettre en commun un rejet dont les raisons sont différentes ? Peur de l’immigration et xénophobie pour les uns, antisémitisme pour les autres, islamophobie, nationalisme et sortie de l’euro encore. Une véritable auberge espagnole !

L’Union Européenne est née pour sauvegarder la paix. 70 ans sans conflits entre les pays européens. Ces élections ont fait un peu oublier que l’Europe est le symbole de la Paix.

Alors, si le vote de dimanche soir reste préoccupant, il faut se rappeler que depuis 1979 et après chaque élection européenne, les lignes changent, le doute s’installe. Oui, il y a des vitupérations et un « hurlement collectif d’angoisse » contre Bruxelles. Oui, les partis dits « normaux » ont déçu (opacité, corruption, etc…). Oui, les média ont eu un rôle préjudiciable en France par exemple en minimisant l’enjeu des ces élections tout en faisant du tam-tam autour du FN. Oui, les partis eux mêmes ont donné l’impression de ne pas privilégier cette élection, beaucoup de panneaux électoraux sont resté vides durant la campagne.

Il faut juste souhaiter que la mauvaise humeur des citoyens sera certes entendue pour apporter les améliorations de fonctionnement nécessaires mais que ces voix dissonantes n’auront pas l’écho espéré. L’Europe peut prendre l’eau , alors il faut colmater les brèches.

Romain Bail et Brian Fitch oeuvrent pour une Europe unie

Romain Bail et Brian Fitch oeuvrent pour une Europe unie

Heureusement partout en Europe des initiatives de rapprochement continuent de fleurir ou de se consolider.

Comme à Ouistreham, lundi matin. Le maire, Romain Baille et certains de ses adjoints ont reçu le maire de Brighton, Brian Fitch et sa délégation. Occasion d’échanger quelques mots sur les élections de la veille avec l’envie de créer un partenariat autour de la jeunesse et pourquoi pas un jumelage entre les deux villes ? Façon de permettre aux diverses générations de ne pas voir l’autre comme l’étranger. Et de raffermir, malgré les difficultés, leur volonté de maintenir la Paix et le Vivre Ensemble.

                                                                                                      BBC